PHOTOGRAPHIE
Publié le
10 octobre 2026
Du 12 au 15 novembre prochain, la 29e édition de Paris Photo investit le Grand Palais avec un programme dense, placé sous le signe du Bicentenaire de la photographie. Sous le haut patronage du président de la République et le parrainage du ministère de la Culture, la foire se présente comme le premier grand rendez-vous international à célébrer cet anniversaire.

Cette année, 246 exposants venus de 38 pays prennent place sous la nef : 199 galeries et 48 éditeurs, dont 80 nouvelles participations. La France reste bien représentée, avec 53 galeries (27 % du total). Environ 1 260 artistes sont montrés, et la part des femmes atteint 38 %, contre 20 % en 2018. Pour mémoire, la foire avait attiré 75 000 visiteurs en 2025.

Plutôt qu'une simple rétrospective, la direction, portée par Florence Bourgeois et Anna Planas, a voulu questionner le médium dans son histoire comme dans ses mutations. Dès l'entrée, une installation monumentale consacrée à Thomas Ruff, réalisée avec cinq galeries (David Zwirner, Konrad Fischer, Mai 36, Lia Rumma et Sprüth Magers), déroule sur 36 mètres plus de quarante ans de création, de l'argentique aux simulations numériques. Dans le secteur Principal, qui rassemble 152 galeries, plusieurs spécialistes de l'histoire du médium remontent aux origines. Hans P. Kraus Jr. expose des œuvres des tout premiers praticiens, de Daguerre à Talbot en passant par Anna Atkins, tandis que Christophe Gaillard consacre un solo à Isabelle le Minh. On y verra aussi une série de Merry Alpern chez Miranda, des clichés de Stanley Kubrick des années 1950 chez Duncan Miller, ou encore Elle Pérez, Nadine Ijewere et Malick Sidibé. Le Centre Pompidou est invité avec Révéler, un accrochage d'une centaine d'œuvres d'une trentaine d'artistes, dont de nombreuses acquisitions récentes, organisé autour de quatre axes : "Faire l'image", "À l'infini", "L'atelier" et "Identités".

Deux secteurs prolongent la réflexion sur les mutations du médium. Voices, confié à Zasha Colah et Francesco Zanot, explore le thème de La disparition : la photographie, pensée pour garder trace de ce qui s'efface, est célébrée au moment même où ses formes se brouillent, entre œuvres destinées à s'altérer et images issues de l'intelligence artificielle. Digital, désormais placé sous le commissariat de Marco De Mutiis (Fotomuseum Winterthur), succède au travail de Nina Roehrs. Treize acteurs y interrogent la manière dont les technologies numériques façonnent notre regard, avec l'ambition de souligner continuités et ruptures avec la longue histoire de la photographie.
Au premier étage, Emergence présente vingt projets monographiques issus de neuf pays. Le Prix de la Maison Ruinart y distingue cette année Philippe Jarrigeon, présenté par Womanray, qui poursuivra avec une série consacrée aux Faux de Verzy, en Champagne. Le secteur Éditions réunit quant à lui 48 maisons, de MACK à Aperture, avec plus de 400 séances de signatures. Le Prix du livre Paris Photo-Aperture dévoilera ses lauréats le vendredi 13 novembre prochain.

Le parcours Elles × Paris Photo, confié à Aldeide Delgado sous le titre An Oceanic Beginning, met en avant les femmes artistes en prenant l'océan comme point de départ. Les Conversations, au premier étage, accueilleront notamment Thomas Ruff, Thomas Demand et Zanele Muholi, tandis que les Book Talks, organisés avec Printed Matter, programment des échanges tels que Sofia Coppola avec Michael Mack.
Parmi les présentations partenaires figurent le Prix Pictet (Valérie Belin et Alfredo Jaar), le projet Le corps vitré de Lara Tabet et Yasmine Chemali pour BMW Art Makers, la Deutsche Börse Photography Foundation, la MUUS Collection avec Todd Webb et Eugène Atget, Photo Elysée, ou encore l'espace « torino: fotografia » rendant hommage aux cent ans du photomaton.
La foire se tient au Grand Palais, avenue Winston-Churchill, Paris VIIIe
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