MUSIQUE
Entre bass music, bend-skin camerounais et rap francophone, la productrice franco-camerounaise livre un premier maxi hybride et percussif, et monte sur scène à We Love Green ce vendredi 5 juin avec Kay The Prodigy, entre autres.

Première sortie de Tatyana Jane chez Ed Banger Records, l'EP Discordia est disponible dès demain. Initialement pensé comme deux projets distincts, l'un tourné vers la musique électronique, l'autre vers le rap, ce premier maxi finit par réunir les deux en un objet hybride, à la fois sombre et lumineux. Une collaboration Kay The Prodigy, entre autres, viennent équilibrer des productions club aiguisées, ancrées dans la bass music, le baile funk, le bend-skin camerounais et le gqom sud-africain. "C'est un projet qui peut être assez sombre, mais où l'on n'entend pas la brutalité, parce qu'elle est embellie par les voix des featurings et des sonorités travaillées", confie la productrice. Le nom Discordia traduit cette tension intérieure entre deux forces opposées, ici réconciliées sur six titres.
Profondément personnel, Discordia retrace le parcours d'auditrice et de productrice de Tatyana Jane. Née au Cameroun, elle grandit avec le bikutsi et le bend-skin, ces rythmes rapides et percussifs, avant de découvrir la French Touch sur les chaînes de clips. À Paris, elle fréquente le dancefloor de Concrete, affine son style en tant que DJ, tout en restant ancrée dans sa passion première : la production. Le rap fait également partie de ses origines, découvert dans la chambre de son frère fan de Tupac et Biggie. Dès l'adolescence, elle fabrique ses premières instrumentales sur GarageBand. "Ça fait presque 15 ans aujourd'hui que je produis de la musique."

La rencontre avec Skrillex marque un tournant. Invitée onze jours dans son studio américain après s'être croisés à We Love Green, elle y consolide son identité sonore et apprend à affirmer les complexités de sa musique. C'est lui qui lui recommande le producteur brésilien KARAN!, dont une boucle figure sur le single Good Morning. En 2024, le compositeur Victor Le Masne l'appelle pour les cérémonies des Jeux olympiques de Paris. Elle se retrouve aux platines du Stade de France devant plus de 190 millions de téléspectateurs, jouant son titre PSAUME92. "Je n'avais jamais entendu mon morceau sonner aussi bien." Avec Ed Banger, la relation s'est construite dans le temps. Dès 2021, elle pousse la porte du label pour faire écouter ses démos à Pedro Winter. Quatre ans plus tard, elle lui transmet le pack de morceaux qui forment aujourd'hui Discordia. "Ce premier maxi, c'est une carte de visite", résume Pedro Winter, qui voit dans l'EP "une turbine futuriste" portant les marques d'une génération curieuse et ultraproductive.
"Discordia", Tatyana Jane, disponible partout.