INTERVIEW
L’artiste Myla, auteure-compositrice-interprète révélée par son titre devenue viral "You broke my heart", confirme son ascension avec un nouvel EP Sick of nostalgia. Un projet qui la libère pleinement et affirme une identité artistique singulière. Artiste française chantant en anglais et sacrée révélation musicale de l’année aux TikTok Awards, elle s’impose sur la scène internationale, notamment avec une tournée à travers la France dont une date déjà sold out à la salle des Etoiles à Paris.

Pourquoi avoir appelé votre nouveau projet Sick of nostalgia ?
C'est très drôle parce que le nom est venu hyper tard. Je pense que j'étais dans ma chambre et puis, je devais être en train d'écrire des chansons de l'EP, les paroles, et en fait, c'était dans les paroles que le mot Nostalgia m'est venu. Du coup, ça s'est fait un peu tout seul surtout que la chanson qui en parle, c'est la première, "Always Been You", je trouvais que ça faisait énormément sens avec tout le reste de l'EP et moi en général.
Quelles ont été vos inspirations pour ce projet ?
Derrière cet EP-là, je dirais que ce serait Madison Beer, un peu de Coldplay, un peu d’Olivia Rodrigo. Je pense que c'est un bon mix.
En quoi votre approche de l’écriture et de la composition est-elle différente par rapport à il y a deux ans, lors de la sortie de Under the moon ?
Je pense que ce qui est différent, c'est que j’ai écrit toutes mes chansons de A à Z, et même, je me suis vraiment impliquée dans tous les aspects, y compris la structure. Pour le premier EP, mon frère, avec qui je travaille et collabore toujours beaucoup, était davantage présent sur la composition. Cette fois, j'ai eu beaucoup plus de liberté, parce que j'ai pris un peu les devants, au niveau de la production, de la composition, de tout, en fait, même l'aspect visuel. Du coup, je dirais que c’est différent de ce point de vue. L’EP Sick of Nostalgia, c'est vraiment mon enfant.
L’expérience du premier projet vous a donc permis de mieux développer celui-ci, de vous sentir plus confiante et de le porter davantage en solo ?
Oui complètement. L’expérience du premier projet m’a vraiment permis de mieux développer celui-ci : je me sens plus confiante, plus légitime aussi, et ça m’a donné envie de porter davantage le projet moi-même. Avant, j’étais encore en train de chercher ce qui faisait que j’étais vraiment une artiste. J’avais pas mal d’insécurité et je ne me reconnaissais pas forcément à 100 % comme artiste. Aujourd’hui, Sick of Nostalgia m’a justement aidé à gagner en confiance et à mieux affirmer mon identité artistique.
"Avant, il y avait peut-être davantage cette idée de s’engager pleinement avec quelqu’un, alors qu’aujourd’hui, tout paraît plus remplaçable."
"Cut the Bullshit" ou "I know you cry" traitent de relations complexes et toxiques, est-ce que vous pensez que c’est ce qu’est devenu l’amour aujourd’hui ?
Je ne sais pas, s'il y a une vraie différence avec les générations précédentes, comme celles de nos parents ou de nos grands-parents. Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, il y a un rapport à l’amour qui a changé. On a beaucoup plus de choix, et donc je pense que les gens sont moins impliqués dans les relations, plus volatils… notamment avec les réseaux sociaux. Les gens s’impliquent moins ou ils ont plus de mal à vraiment choisir une personne et à s’y tenir. Avant, il y avait peut-être davantage cette idée de s’engager pleinement avec quelqu’un, alors qu’aujourd’hui, tout paraît plus remplaçable. Davantage dans mon milieu, où certaines personnes sont exposées, il peut y avoir plus d’égo et une forme de facilité qui fait que les relations deviennent moins profondes. Mais, ce n’est pas une généralité. Je rencontre aussi des personnes très sincères et très droites.

Les différentes versions de "you broke my heart" participent pour vous à l’identité du titre ?
Oui totalement. Je trouve ça très intéressant, parce que les gens s’approprient le titre et le fasse vivre à leur manière. Je ne m’attendais pas du tout à ce que ça prenne une telle ampleur. Il y a même une version qui a particulièrement bien marché, beaucoup plus agressive. C'est marrant parce que moi, ce n'est pas du tout ce que j’écouterais et je ne sais pas si les gens qui écoutent la musique originale écouteraient cette version. Mais justement, je trouve ça intéressant de voir qu’il existe un public pour chaque interprétation, chaque style.
Est-ce que vous pouvez nous parler de votre collaboration avec kobzx2z, notamment sur le titre viral "you broke my heart" et sur votre nouvel EP avec "Summer nights" ?
On s'est dit : "On a fait un banger une fois, on est obligé d'en faire un deuxième." Comme on ne pouvait pas mettre "you broke my heart" sur l'EP, c’était une bonne excuse pour retravailler ensemble sur un nouveau titre et c’est comme ça qu’est né "Summer Nights". C'est toujours très cool de bosser avec kobzx2z et c'est une très bonne expérience. Ça se fait toujours très rapidement. En général, en 3-4 jours, on finit la chanson.
"Je comprends mieux les artistes qui ne sont pas sur les réseaux, qui font leur musique et qui laissent ensuite une team gérer, parce que ça peut devenir ingérable. Évidemment, ce sont toujours plus les femmes qu’on va pointer du doigt et critiquer."
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
C'est lui qui m'avait envoyé un message sur Instagram. Je pense que j'avais sorti une chanson et il m'a dit qu'il trouvait super cool ce que je faisais et il m'a vraiment soutenu dès le début. Je le remercie pour ça. Dès qu'il peut, il me donne des opportunités et aussi parce qu'il croit très fort en moi.
Vous cumulez des millions, voire des milliards de streams sur les plateformes : quelle est votre relation aux réseaux sociaux ?
Je trouve que c'est super beau de pouvoir partager plein de choses avec des gens du monde entier. Ça me permet, à moi, qui fais de la musique, de pouvoir la partager, de découvrir plein d’artistes et de mettre en lumière des sujets importants. Je trouve ça vraiment génial. Mais évidemment, il y a toujours des aspects négatifs. Là, par exemple, j’expérimente pour la première fois de vrais messages de haine et cette partie-là est plus compliquée. Je comprends mieux les artistes qui ne sont pas sur les réseaux, qui font leur musique et qui laissent ensuite une team gérer, parce que ça peut devenir ingérable. Je me suis vraiment demandé comment les artistes que j’aime le plus, comme Ariana Grande, font face à des vagues de haine instantanées. Je me demande comment elles font pour tenir, parce que ce sont des milliers et des milliers de messages et c’est très violent. C'est ce qui fait que ces femmes m'inspirent énormément. Évidemment, ce sont toujours plus les femmes qu’on va pointer du doigt et critiquer. Mais, ça me pousse à être encore plus confiante dans qui je suis, parce qu’on n’a pas vraiment le choix. C’est pour ça que j’admire ces femmes chanteuses, successful…
"J'ai envie de faire de grandes choses dans ma vie et je pense que ce n'est que le début. J’ai une vraie vision pour la suite. Le temps fera les choses, j'ai confiance."
Comment vous sentez-vous avant votre première tournée, avec déjà une salle sold out le 29 mai prochain aux Etoiles à Paris ?
J'ai vraiment trop, trop hâte. Évidemment, toujours une petite crainte de... "Est-ce que les gens vont venir ? Est-ce que les salles vont se remplir ?" Mais, au-delà de ça, je suis vraiment excitée à l’idée de monter sur scène. J'ai envie de faire de grandes choses dans ma vie et je pense que ce n'est que le début. J’ai une vraie vision pour la suite. Le temps fera les choses, j'ai confiance.
Une salle que vous aimeriez absolument faire ?
Je pense que ce serait vraiment le Zénith à Paris. C’est une salle que je trouve incroyable, hyper bien pensée et dans laquelle j’adorerais me produire. Je trouve qu'elle est très bien faite. Évidemment, l’Olympia… voir mon nom affiché sur la façade.
"Il y a beaucoup de choses qui me viennent à l’esprit quand on parle d’esquiver. Je pense que ce serait surtout les attentes qu’on place sur toi, notamment quand tu es une femme dans ce milieu."
Si vous pouviez esquiver quelque chose dans la musique ou dans l’industrie en général, ce serait quoi ?
Il y a beaucoup de choses qui me viennent à l’esprit quand on parle d’esquiver. Je pense que ce serait surtout les attentes qu’on place sur toi, notamment quand tu es une femme dans ce milieu. Si je pouvais esquiver ça, ce serait déjà pas mal : les différences de traitement entre les hommes et les femmes, les doubles standards. Et sinon, pour finir, je dirais simplement aux gens de prendre leurs places pour la tournée et d’écouter l’EP Sick of Nostalgia !

"Sick of Nostalgia", Myla, disponible partout.