ARTS

Martin Jacobson : “J’esquisse une forme d’invisibilité semblable à un rêve."

Publié le

2 juin 2026

La galerie Andréhn-Schiptjenko accueille à Paris et pour la première fois en France, le Suédois Martin Jacobson avec See the light. Une exposition personnelle visible jusqu’au 25 juillet prochain. L’artiste crée à partir d’images existantes, des toiles souvent saturées qui jouent avec l’espace, comme dans un rêve.

Martin Jacobson The Temple of Isis 45x39cm Watercolor on paper 2025©Paulina Simon

Un art paradoxal et intemporel

Coucher de soleil, forêt, figure mythologique, à partir d’images existantes Martin Jacobson propose une revisite d’images existantes rendant ses tableaux personnels presque oniriques. Et c’est là que le “paradoxe temporel Jacobson” apparaît : les images paraissent à la fois anciennes et nouvelles, familières mais lointaines. “Mes créations voient le jour sur un élan de créativité mais je n’ai aucune idée de ma destination finale. C’est incertain, mais c’est un pouvoir qui me fascine. J’esquisse une forme d’invisibilité devenue réelle et c’est pourquoi mes œuvres représentent des lieux paisibles, semblables à des rêves.” La saturation des teintes captive le spectateur, captivé par des jeux de lumières, et les références culturelles. Position des tableaux, dimensions, placement au sein de la galerie : l’exposition propose une scénographie théâtrale, là où fiction et réalité dansent ensemble.

Martin Jacobson_Horse without Shadow, 153x117cm, Oil on canvas, 2026 ©PaulinaSimon

Un dialogue iconographique

Onirique, architecturale ou mythique, la peinture est un socle de création pour Martin Jacobson. Ses œuvres fonctionnent comme des portails, transportant les visiteurs d’une pièce personnelle vers une conscience humaine commune, en un regard. Ce langage visuel complexe, le diplômé de la Malmö Art Academy l’explore et le questionne à travers l'art. Son ambition ? “Créer chez les visiteurs, ce que la peinture provoque en moi : la découverte. Quand je peins, je suis guidé par l’inconnu et c’est une sensation délicieuse.” Martin Jacobson imagine un dialogue entre l’artiste, ses œuvres et le public.

Martin Jacobson The Temple of Isis 45x39cm Watercolor on paper 2025 ©Paulina Simon

Un processus de création “à la Sigmund Freud”

Comme des cartes postales issues de rêve, les compositions de Martin Jacobson débutent généralement par des collages inspirés d’images historiques : cartes postales du début du XXème, revues théâtrales illustrées et autres fragments anciens sont réassemblés. Résultat ? Des scènes oniriques où les frontières entre le tangible et l’imaginaire disparaissent. Ce processus de création rappelle l'œuvre de Sigmund Freud : le heimlich et l’unheimlich, le familier et l’étrangement inquiétant. L’espace visuel immersif de Jacobson encourage la réflexion, la curiosité et provoque une émotion toute particulière.

Martin Jacobson Apparition I 222x141cm Oil on canvas 2026 ©Paulina Simon

"See the light", à la galerie Andréhn-Schiptjenko (Paris IIIe), jusqu’au 25 juillet prochain.

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