ARTS

Les Beaux-Arts de Paris exposent une action culte du Body Art

Publié le

23 octobre 2026

Jusqu'au 18 décembre prochain, le Cabinet des dessins et des estampes - Jean Bonna met à l’honneur une acquisition récente de l’École : le constat d’une performance donnée en 1977 à la Documenta 6 de Cassel.

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C’est une entrée remarquée dans les collections des Beaux-Arts de Paris. Cet automne, l’École consacre une exposition à A Hot Afternoon (1977), œuvre de Gina Pane (1939-1990), artiste d’origine italienne formée dans ses murs et figure majeure de l’art corporel.

Une action devenue partition visuelle

En juillet 1977, à Cassel, dans le cadre de la Documenta 6, Gina Pane livre une performance qu’elle nomme "action". Comme à son habitude, elle en restitue ensuite le déroulé sous la forme d’un "constat" : une composition murale mêlant photographies, dessins préparatoires et textes manuscrits. Celui d’A Hot Afternoon réunit 29 éléments, dont 19 photographies, organisés selon une logique plus formelle que narrative. Les Beaux-Arts de Paris le décrivent comme une véritable partition visuelle. Construite selon un schéma très élaboré, l’œuvre reprend les grands thèmes de l’artiste : la blessure, le corps, l’enfance, et les obstacles sociaux et culturels qui contraignent les femmes ou paralysent leur parole. Elle constitue aussi une réflexion sur les modalités de l’expression artistique, mises en scène et interrogées par Gina Pane. L’École la présente à la fois comme l’une des actions les plus abouties de l’artiste et l’une de ses dernières dans le champ de l’art corporel.

Un dialogue avec la collection et avec la jeune création

L’exposition ne se limite pas à l’œuvre acquise. Autour d’elle, les archives offertes à l’École par l’ayant-droit de l’artiste lors de l’acquisition dialoguent avec des pièces issues de la collection : un lithographie de Toulouse-Lautrec (Aux Ambassadeurs. Chanteuse au Café-Concert, 1894), un manuscrit médiéval de Raban Maur (XIIe siècle) ou encore un Christ de Pitié allemand du XVe siècle. Ces rapprochements, visuels et symboliques, replacent le travail de Gina Pane dans un temps long, où les motifs de la fenêtre, de la croix et du corps souffrant font écho. Cette traversée des siècles trouve un prolongement très contemporain avec les contributions d’étudiantes et d’étudiants des Beaux-Arts de Paris, menées avec les ateliers de Mireille Blanc & Eva Nielsen, de Julien Prévieux, d’Emmanuelle Huynh, ainsi qu’avec l’association étudiante BapPerf.

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Un catalogue pour prolonger la visite

L’exposition est accompagnée d’un Carnet d’études de 124 pages, illustré de 40 reproductions, qui revient sur le parcours de celle que l’on présente comme une pionnière du Body Art, engagée et féministe. On y trouve une préface d’Éric de Chassey, directeur des Beaux-Arts de Paris, une analyse de la composition par Alice Thomine-Berrada, un texte de Giulia Longo sur l’aspect pédagogique et contemporain de l’œuvre, une mise en contexte de Sophie Delpeux, un éclairage de Blandine Chavanne sur le contexte culturel, ainsi que le témoignage des artistes Pierre Buraglio et Anne Rochette, anciens professeurs de l’École qui ont côtoyé Gina Pane. L’exposition est placée sous le commissariat de Giulia Longo, conservatrice des estampes et photographies, et d’Alice Thomine-Berrada, responsable des collections.

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Cabinet des dessins et des estampes, Jean Bonna, 14 rue Bonaparte, Paris VIe, jusqu'au 18 décembre prochain.

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