CINÉMA
À partir du 2 septembre prochain sur arte.tv, puis en diffusion le 8 septembre 2026 à 21h00 sur ARTE, la chaîne propose Fuck la planète, le choix du réchauffement, une série documentaire en trois volets qui retrace deux siècles d'avertissements scientifiques sur le dérèglement climatique, restés sans réponse politique et économique.

Réalisée par Jean-Robert Viallet, déjà auteur du remarqué L'homme a mangé la Terre, cette série de trois épisodes de 45 minutes a été écrite avec le concours de l'historien des sciences et de l'énergie Jean-Baptiste Fressoz. Le documentaire remonte aux origines de la connaissance scientifique du réchauffement climatique. Dès le XIXe siècle déjà, des chercheurs identifient les effets potentiels de l'industrialisation sur l'atmosphère et prédisent une hausse des températures liée aux émissions de dioxyde de carbone. Après la Seconde Guerre mondiale, des scientifiques issus du projet Manhattan, celui qui donna naissance à la bombe atomique, voient dans le nucléaire une opportunité et alertent à leur tour sur l'impact des énergies fossiles. En pleine guerre froide, les stratèges du Pentagone envisagent même d'utiliser les phénomènes climatiques comme des armes, tandis que la météorologie, l'océanographie et la géophysique progressent rapidement, portées par les débuts de la modélisation climatique informatique. En 1972, alors que les mises en garde se multiplient et que la jeunesse se mobilise, l'ONU organise le premier sommet de la Terre à Stockholm. Mais le choc pétrolier qui suit pousse les puissances occidentales à relancer la production de charbon, ouvrant une nouvelle séquence de renoncements.
La série documentaire fait aussi le lien avec l'actualité : canicules et sécheresses se multiplient, tout comme cyclones, tsunamis et pluies diluviennes, à l'image de Jakarta, plus grande mégapole du monde, aujourd'hui menacée par la montée des eaux au point que l'Indonésie construit une nouvelle capitale dans la forêt de Bornéo. Face à cette urgence, les milieux d'affaires promeuvent un nouveau "capitalisme vert" que dénonce Dennis Meadows, coauteur en 1972 du célèbre rapport du MIT sur les limites de la croissance dans un monde fini : le développement durable serait selon lui une diversion, ceux qui défendent la croissance verte s'intéressant davantage à la croissance qu'au vert.

Mêlant riches archives, séquences d'animation et témoignages d'activistes, de journalistes et de chercheurs de premier plan, dont le climatologue James Hansen, l'environnementaliste Rafe Pomerance et la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a coprésidé un groupe de travail du GIEC, la série retrace, à la croisée de l'histoire industrielle, des idéologies et des avancées scientifiques, les mises en garde et coups de boutoir successifs qui ont jalonné la question climatique.
Le message central de cette dense chronologie est sans ambiguïté : le réchauffement planétaire n'était pas une fatalité. Malgré les sommets internationaux, le GIEC et les mobilisations citoyennes, les lois du marché et la perpétuation de nos modes de vie continuent aujourd'hui de prévaloir sur la lutte contre le dérèglement climatique, dessinant un avenir dystopique dont les populations les plus vulnérables subissent déjà les conséquences.
"Fuck la planète, le choix du réchauffement", série documentaire de Jean-Robert Viallet et Jean-Baptiste Fressoz, disponible sur arte.tv dès le 2 septembre prochain et diffusée sur ARTE le 8 septembre à 21h00.
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