INTERVIEW

Veeko : "Je suis un batteur qui n’aime pas trop être dans le fond de la scène."

Publié le

28 novembre 2025

Il dévoile aujourd’hui son premier album House of Birds, à son image, oscillant entre liberté musicale et pluridisciplinarité créative. Le batteur Veeko incarne, avec puissance, une époque ouverte au mélange de tonalités artistiques. Après avoir travaillé auprès de nombreux rappeurs (Georgio, Bekar…), mais aussi avoir réalisé des collaborations avec Pharrell Williams ou des marques de luxe de prestige (Moët & Chandon, Audemars Piguet), l’artiste sort toujours plus de sa zone de confort, entouré de talents qu’il accompagne au quotidien, tels que Sofiane Pamart, Théodora ou Ferdi. Lui, qui admire l’aura d’un certain Virgil Abloh, trace sa route avec ambition, projetant des envies de performances uniques. Rencontre.

Veeko ©Liesel Fritsch

Veeko, si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Je suis un batteur qui n’aime pas trop être dans le fond de la scène, et qui a besoin d’exprimer sa musique.

Vous dévoilez votre premier album House of Birds ce vendredi. Que signifie ce titre pour vous ?

Ça signifie beaucoup : le voyage, la liberté, ce rapport aux oiseaux qui survolent beaucoup de choses… C’était intéressant d’avoir un point de vue artistique et différent de ce qu’on voit. Je me suis interrogé sur l’animal qui ressemble le plus à ça : l’oiseau qui est présent sur des parties du monde, qui bougent de saison en saison. Et ma musique est une palette de plein de couleurs différentes. J’ai voulu emmener les gens dans des lieux où ils n’ont pas l’habitude d’aller, où la batterie lead la musique, donc quelque chose qu’ils n’ont pas l’habitude d’écouter aussi.

Il se compose de 10 sons, notamment avec des titres évocateurs, qui illustrent des sentiments : "Confession" ou "Regrets" … Comment les avez-vous pensés ?

Les titres sont arrivés après avoir fait la musique. Ce sont les titres les plus organiques de mon album, qui ont été faits avec toute mon équipe de musiciens. Je voulais quelque chose qui apaise mon album. Le mot "Confession" est venu au milieu de la conception du morceau, et il m’a dirigé dans les couleurs que je souhaitais y mettre. De même pour "Regrets", j’ai eu l’idée du nom au milieu de la confection du track. Ce sont des morceaux dans lesquels j’ai mis le plus d’émotions nostalgiques et qui me rappellent des souvenirs. Ils m’évoquent la chaleur, l’amour. On pourrait leur donner une couleur très chaude.

"Amener de la batterie avec de l’électro, ce n’est pas non plus flagrant comme ça… Pourtant, avec Sofiane [Pamart], on l’a fait sur scène."

Il y a 3 featurings : "Rose Piscine" avec Ferdi, "November" avec Lossapardo et "Amistad" avec Sofiane Pamart. Justement ce sont tous des partenaires, des amis… Pouvez-vous nous parler de ces collaborations ?

Ferdi, c’est marrant parce que c’est vraiment mon petit-frère qui est allé plus vite que moi dans la musique. Il y a un an, on a composé le morceau "TAKE 01" dans son album et il m’a dit : "Je ne sors le feat à ton nom que si, toi, tu prépares un projet". Je me suis mis à lancer un projet pour sortir "TAKE 01" ! [Rires] Je me devais donc de faire quelque chose avec lui sur mon album. Avec Sofiane, ça fait trois ans qu’on joue ensemble et je recevais des messages qui me disaient : "Sortez un album en commun !", "Où peut-on trouver ce son joué sur scène ?" Donc je voulais un objet à nous qui nous ressemble et que les gens puissent écouter. C’était aussi important d’avoir la personne qui m’a donné le plus de force dans la musique sur mon premier album. Lossapardo, c’est une rencontre artistique, j’ai découvert ses morceaux sur les réseaux et je lui ai envoyé un message au culot. On a fait une superbe session studio et je lui ai proposé d’être sur mon album.

En parlant de collaborations, vous avez beaucoup travaillé avec des rappeurs. Je pense à Swing, Georgio ou Bekar… Quelles ont été vos inspirations pour mêler votre univers à celui du rap ?

J’avais une problématique : j’écoutais beaucoup de rap mais je faisais de la batterie… Il fallait que j’arrive à mettre cet instrument sur une musique que j’aime. Ça fait 10 ans que je fais cette gymnastique. J’avais des amis qui écoutaient du hard rock et du rock, et d’autres du rap, donc, par exemple, la collaboration entre Jay-Z et Linkin Park sur "Numb/ Encore", c’est une image de cela. Ils l’ont fait avec bon goût. J’ai toujours envie de repousser artistiquement les choses. Par exemple, amener de la batterie avec de l’électro, ce n’est pas non plus flagrant comme ça… Pourtant, avec Sofiane, on l’a fait sur scène.

"Je pense qu’il ne faut pas se contenter de juste bien jouer de la musique, il faut proposer un art pluridisciplinaire. Je prends toujours l’exemple de Virgil Abloh."

Il est rare, aujourd’hui, de lancer des projets uniquement musicaux (sans paroles) et de réussir à en faire une œuvre mainstream. Est-ce que vous constatez tout de même une ferveur de plus en plus importante pour les musiciens ? Une place encore plus puissante à prendre sur un terrain encore peu occupé ?

Je pense que les gens sont beaucoup plus ouverts parce qu’il y a des figures qui l’ont fait, comme Sofiane. Au-delà de ça, je pense qu’il ne faut pas se contenter de juste bien jouer de la musique, il faut proposer un art pluridisciplinaire. J’adore la mode, la photo… Je prends toujours l’exemple de Virgil Abloh. J’adorerais être ce genre de mec qu’on appelle pour designer un endroit, ou juste parce que tu as un certain bon goût partout. Maintenant, c’est important de pousser ce style, et de penser l’image. Il faut proposer une belle expérience au public, donc ce qui compte, ce sont les détails. Que ce soient Claude François, Prince ou Johnny Hallyday, ils avaient un monde autour d’eux, ils faisaient le show, avec une scénographie, du look. Ce sont des artistes à 360° qui ont besoin aussi de la mode pour incarner quelque chose.

Veeko ©Liesel Fritsch

En 2023, vous avez collaboré avec Pharrell Williams et le réalisateur Gabriel Moses sur le court métrage "ALL DAY I DREAM ABOUT SPORT", mêlant sport, style et percussions. Quel souvenir en gardez-vous ?

C’est la première collaboration où on m’appelle pour quelque chose et je ne sais pas pourquoi ! Je pense que c’est parce que c’est Thomas Roussel (ndlr, directeur musical des défilés Vuitton) qui m’appelle que j’y vais ! Il y avait tout un orchestre. C’est fou, c’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé.

A la suite du projet, vous avez aussi participé à une campagne Moët & Chandon x Pharrell Williams…

Oui, pour ce deuxième projet, il n’y a que moi à la batterie et lui qui parle. A l’époque, j’ai dit : "C’est bon, j’ai mon feat avec Pharrell !" J’ai vraiment coché une case.

Et vous avez collaboré aux 150 ans de la Maison d’horlogerie Audemars Piguet…

Oui, j’étais égérie avec la montre et c’était vraiment super.

Quelle a été votre approche artistique avec la mode, plus généralement ?

J’adorais Tupac dans les années 1990 avec les lunettes Jean Paul Gaultier, j’aime bien aussi le cuir et les inspirations mode des années 1970 avec les bootcut, par exemple. Je ne varie pas selon les trends mais mes humeurs. Pour moi, c’est important d’avoir une personnalité quand on s’habille.

"J’aimerais apparaître dans le cadre de performances assez fortes."

Vous avez une DA ultra léchée. Comment vous pensez votre imagerie ?

Mon but, c’est de faire un énorme show à la Justice, avec des lights… ! Le projet, c’est d’être seul sur scène, avec des danseurs, créer un vrai spectacle. J’aimerais faire des performances uniques, lors de défilés par exemple, ou autre. J’aimerais toujours apparaître pour quelque chose d’assez fort.

Veeko ©Liesel Fritsch

Avec qui rêveriez-vous de collaborer ?

Il n’y en a qu’un avec qui je rêverais de collaborer, c’est Stevie Wonder. Plein de rêves ont déjà été cochées et j’aime surtout faire de la musique avec des gens avec qui je m’entends, avant tout. Pharrell, c’est fait, trop marrant de dire ça ! Les gens qui m’entourent sont déjà géniaux : Théodora, Sofiane, Ferdi. Ce sont des gens trop cool qui me prennent déjà tout mon temps ! Le rêve, c’est que ça continue comme ça !

Qu’est-ce que vous esquivez dans la musique ?

Il faut esquiver les professeurs qui te disent quoi jouer, comment jouer… Ne pas mettre les gens dans les cases, il faut exprimer ce qu’on a en soi et c’est compliqué de brider les gens. J’ai la chance d’avoir un prof qui m’a laissé tout faire et même me tromper et c’est important pour moi.

"House of Birds”, Veeko, disponible partout

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