MUSIQUE

Dans le sac de SEB : souvenirs de voyage, insomnies et rap sans filet

Publié le

27 février 2026

Presque 30 ans, des millions de vues et une notoriété écrasante sur Internet — et pourtant SEB repart de zéro. Avec Backpack, son nouvel album sorti ce 27 février, le créateur de contenu devenu rappeur pose son sac, ouvre grands les murs et livre un journal intime sonore, brut et sans filtre. Un disque de voyage intérieur qui ne ressemble à rien d'autre.

SEB ©Joel Saget

Vider son sac, au sens propre

Il y a des expressions qui sonnent juste au premier mot. "Vider son sac" — c'est exactement le point de départ de Backpack. Pas de stratégie de label, pas de calcul commercial, pas de persona soigneusement construit pour les algorithmes. Juste Sébastien, un homme qui approche la trentaine, cherchant une maison où tous les murs seraient encore à peindre. L'album est né dans des sessions d'enregistrement improvisées — "entre un Uber Eats et des blagues", raconte SEB lui-même — aux côtés des producteurs Saan & Racy, rencontrés grâce au rappeur Némir. Le résultat n'a pas de formule : du rap brut, de l'autotune feutrée, des mélodies planantes, des touches électro, et même du baile. Des boucles instinctives, des sons de pluie sur un Airbnb, une voix tantôt nue tantôt traitée. Chaque piste est une capsule de mood, du storytelling de soirée au rap samplé old school.

L'avatar, le monde, et la quête d'identité

Après Crash Test sorti en 2021 — baptême du feu dans une industrie musicale en accéléré — SEB revient au point de départ. Mais cette fois, il n'arrive pas les mains vides. Il revient chargé de kilomètres, de Papouasie en Tanzanie, du Kirghizistan à l'Inde, de tous ces voyages physiques qui ont préparé le terrain du plus important : le voyage intérieur. La pochette n'est pas anodine. SEB a fait appel à l'artiste toulousain Karl N'da Adopo pour donner vie à un avatar — un animal totem — réalisé sans intelligence artificielle, comme l'ensemble de la direction artistique. Un choix assumé et revendiqué. Ce personnage ne sert pas à se cacher : il sert à être encore plus vrai. Fil rouge du projet, il accompagne également 12 animations créées avec son ami Sofyan, une par titre, pensées comme des cartes à collectionner.

©Karl N'da Adopo

Un journal brut, entre ego-trip et vulnérabilité

Les textes de Backpack forment un journal sans retouche. On y croise la célébration conquérante de son ascension ("J'fais pas d'la musique pour ça, j'ai d'jà percé"), le chaos des soirées parisiennes ("Y'a rien à manquer donc on s'explose"), mais aussi les confessions les plus vulnérables : insomnie nocturne, épuisement dans "Tunnel", errance dans les rues ("J'traîne tout le temps mes pas") et bulle amoureuse à l'abri des réseaux sociaux. SEB puise chez les plus grands — Mac Miller, Childish Gambino, Kid Cudi — pour nourrir un rap alternatif qui mélange tout sans se trahir. Un disque instinctif et familial, qui refuse toute case, si ce n'est celle de la sincérité.

"Backpack", SEB, disponible partout.

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