FASHION WEEK
Anthony Vaccarello signe une collection construite sur le paradoxe : plus on retranche, plus on attire. En 40 silhouettes traversées de retenue, Saint Laurent réinvente la séduction masculine par l'omission. Vestes trois boutons, pantalons à pinces, blousons en taffetas technique, des pièces familières élevées par la coupe et la proportion plutôt que par l'ornement. L'or n'y est pas symbole de richesse, mais métamorphose du trench en quelque chose d'inattendu. La palette : gris, brun, noir, beige, éclate par instants en orange, ocre, bleu poudre ou or chatoyant. Convoquant Marguerite Duras, Tina Chow et le mystérieux Mr. Ripley, Vaccarello célèbre ceux qui ont fait du silence une forme d'éloquence. La présentation elle-même disparaît dans le brouillard : les modèles évoluent à travers l'installation de Fujiko Nakaya à la Bourse de Commerce, apparaissant et s'effaçant dans la brume. Un rappel que ce qu'on ne voit pas entièrement reste ce qu'on désire le plus.
