MUSIQUE
Début 2026, Rilès entre dans la cour des grands en remplissant son premier Accor Arena. Retour sur l'ascension fulgurante d'un artiste qui, depuis douze mois, n'a cessé de repousser ses propres limites.

2025 avait commencé comme un signal d'alarme — ou plutôt comme un manifeste. En janvier, Rilès sortait Survival Mode, un album certifié disque d'or qui posait d'emblée le ton : brut, sincère, habité. Mais pour lui, un disque ne suffit pas. Il faut que l'art déborde, qu'il prenne corps, littéralement. En février 2025, il s'élançait pour 24 heures de course ininterrompue. Pas un gimmick, pas un coup de comm' — une extension physique et mentale du projet, une façon de prouver par l'effort ce que les paroles énonçaient. L'image frappait fort : un homme qui court, qui tient, qui refuse de lâcher. Le public retenait son souffle.

L'été confirmait ce que les plus attentifs avaient compris : Rilès est un animal de scène. Festival après festival, il imposait une proposition artistique maîtrisée, loin du simple concert de rap. En octobre, il récidivait avec une deuxième performance de 24 heures pour accompagner The 25th Hour, extension ambitieuse de son album — comme si le cycle n'était pas encore bouclé, comme s'il y avait toujours une heure de plus à trouver quelque part.

La tournée des Zénith et Arénas de France avait déjà démontré qu'il pouvait tenir les grandes salles. Mais l'Accor Arena, c'est autre chose. C'est le seuil symbolique qui sépare les grands artistes des très grands. Ce soir-là, Rilès l'a franchi avec une évidence désarmante. Le show était exceptionnel — scénographie soignée, énergie parfaitement dosée, une salle entière suspendue à chaque mot. Mais c'est la fin de soirée qui restera dans les mémoires.

Alors que le public croyait le concert terminé, une dernière performance artistique inattendue a figé le temps. Un moment suspendu, presque irréel. La salle retenait son souffle une dernière fois. Puis, à minuit précis, il dévoilait un nouveau single : "I Don't Wanna Lose You". Un titre qui sonnait comme une confidence murmurée à 20 000 personnes. Après une année placée sous le signe du survival, de l'endurance, du dépassement — voilà que Rilès montrait une autre vulnérabilité. Celle de ne pas vouloir perdre.