DESIGN

Luke James, l’artiste qui cartographie le ciel pour Design Miami.Paris

Publié le

22 octobre 2026

Il suffit parfois d’un coup de vent pour qu’un jardin parisien se transforme en carte du ciel. À l’occasion de Design Miami.Paris 2026, dans les jardins de l’Hôtel de Maisons, l’artiste français Luke James dévoile The Sail, une installation conçue pour le lieu et première pièce de sa nouvelle série Cosmogony.

Luke James ©DR

Treize voiles sous les arches

Luke James a investi les arches métalliques qui encerclent la fontaine du jardin. Il y a suspendu treize voiles en aluminium, libres de tourner au gré des courants d’air. Des billes de verre, serties dans le métal, captent la lumière et la renvoient : l’ensemble change d’aspect avec les heures, la météo et la position du soleil. Ces treize pièces renvoient aux treize constellations que traverse l’écliptique, la trajectoire apparente du Soleil dans le ciel. Parmi elles, le Serpentaire, que le zodiaque traditionnel a écarté de ses douze signes. Chaque voile porte le nom de sa constellation et s’en inspire : la taille de la sculpture et la disposition des billes traduisent le nombre d’étoiles qui composent la figure et leur répartition. Le ciel se retrouve ainsi transposé, à échelle humaine, dans l’espace du jardin.

©DR

Entre navigation et imaginaire

Le choix de la voile n’est pas anodin. Il évoque les grandes explorations maritimes, quand le vent portait les navigateurs et que les étoiles leur indiquaient la route. Mais pour l’artiste, les constellations ne se réduisent pas à des repères géographiques. En reliant des points lumineux, les humains y ont dessiné des figures, bâti des récits et projeté leurs croyances et leurs questions. Transmises et réinterprétées au fil des siècles, ces images en disent autant sur ce que nous savons de l’univers que sur notre manière de lui donner du sens. Avec Cosmogony, Luke James s’intéresse à ce besoin très humain de reconnaître des formes, de tisser des liens, de guetter des signes dans ce qui nous entoure. L’exploration, rappelle-t-il, ne consiste pas seulement à atteindre de nouveaux territoires : elle suppose aussi d’inventer de nouvelles façons de regarder le monde.

©DR

Un parcours entre Paris, Bruxelles et l’international

Né en 1990, Luke James vit et travaille entre Paris et Le Creusot, et est actuellement en résidence à POUSH. Diplômé de l’ENSBA Lyon (DNAP en 2013, DNSEP en 2015), il a prolongé sa formation par un échange à Los Angeles auprès du studio d’Oscar Tuazon, puis par un séjour au CCA Kitakyushu, au Japon, en 2017. Il commence à exposer dès la sortie de l’école. Son travail a depuis été montré en Asie (Shanghai, avec Hooded Figures chez Swatch Art, et le Japon), aux États-Unis, à Los Angeles, et en Europe, notamment en Belgique, en Espagne et en France. Parmi les étapes marquantes : une exposition à la Villa Empain – Fondation Boghossian à Bruxelles en 2021, une participation à Artists in Architecture au BOZAR en 2019, ou encore une vitrine pour Massimo Dutti à Cannes en 2024. Sa trajectoire a très tôt été repérée par les dispositifs dédiés à la jeune création : il a été nommé au Salon de Montrouge en 2016, puis au Prix Révélations Emerige en 2017. Il a également bénéficié de soutiens de la DRAC (Île-de-France en 2022, Bourgogne–Franche-Comté en 2019) et multiplié les résidences, de la Maison Sol LeWitt à Praiano, en Italie, à la résidence céramique de Rocabella, à Toulon, en 2025.

©DR

Une année 2026 chargée

Après The Sail, l’année s’annonce dense. Luke James prépare l’exposition personnelle Brute Neighbors au KAB à Paris, participe à Natures aux Anciennes Tanneries d’Autun, et réalise la sculpture publique Liaison des jours pour BEIGE Covivio, à Paris. Il sera aussi accueilli en résidence à la Fondation CAB, à Bruxelles.

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