ARTS
Publié le
24 mars 2026
Le musée Guimet présente, jusqu’au 6 juillet prochain, l’exposition "K-Beauty : Beauté coréenne, histoire d’un phénomène". Celle-ci s’inscrit pleinement dans un contexte où la Korean Skincare connaît un engouement croissant. C’est également l’occasion de célébrer les 140 ans du traité d’amitié entre la France et la Corée.

Le début d’exposition retrace les origines des beautés de Joseon au XVIIIe siècle. A cette époque, les femmes issues de la haute société étaient maintenues à l’abri des regards. Ce retrait n’a fait qu’attiser la curiosité, notamment celle des peintres, dessinateurs et photographes. Pour illustrer ce phénomène, le musée présente des œuvres du célèbre peintre Shin Yun-bok. A travers son pinceau, le visiteur découvre un aperçu de l’idéal féminin coréen. L’artiste s’est notamment inspiré des courtisanes qui étaient plus accessibles, car elles évoluaient librement dans des espaces mixtes.
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Grâce aux répliques de costumes créées par la créatrice Lee Young-hee, cette tradition quitte les archives pour prendre forme dans le textile. Ces tenues, pour la plupart colorées, étaient souvent accompagnées de coiffures extravagantes. Si extravagantes qu’elles pouvaient provoquer des accidents en raison de leur poids.

Ce second espace explore les pratiques de soin en Corée. Le néoconfucianisme influence fortement les standards esthétiques, valorisant une beauté féminine empreinte de retenue. Le musée Guimet met en lumière cette influence en exposant des objets liés à la toilette de la princesse Hwahyeop, retrouvés dans son mobilier funéraire, ainsi que le Donguibogam, l’un des grands traités médicaux de l’ère Joseon. Ces objets offrent un aperçu précieux des rituels de soin, des composants et des formulations utilisés. Comme dans de nombreuses cultures, la coiffure occupait une place importante : elle était un signe du statut et de l’identité au sein de la société. L’exposition révèle également que la marque LG, aujourd’hui connue pour ses appareils électroménagers, produisait autrefois des cosmétiques.
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Sous l’influence occidentale, la beauté féminine coréenne se transforme progressivement. Les cheveux longs et le hanbok traditionnel laissent place à des coupes plus courtes et à des versions modernisées du costume. Ce tournant, amorcé au XXe siècle, s’inscrit également dans l’émergence du mouvement féministe de la "Nouvelle Femme". Les photographies réalisées par Hwang Cheol témoignent de ces changements. A partir des années 1920, dans le contexte de l’occupation japonaise, l’essor des magazines féminins et du cinéma contribue à diffuser largement cette image renouvelée de la beauté coréenne et de ses nouveaux idéaux.

La visite s’achève sur les formes actuelles de la beauté coréenne, qui influencent aujourd’hui les routines à l’échelle mondiale : la K-Beauty et la K-Pop. Ces univers perpétuent des standards esthétiques exigeants, tant sur le plan visuel que comportemental. Le visiteur découvrira ou redécouvrira des groupes comme BTS ou Blackpink. Cet espace introduit également une réflexion sur ces standards exigeants en matière d’apparence physique, notamment à travers le recours à la chirurgie esthétique ou à des régimes stricts. Autant de questionnements critiques que l’exposition met en lumière.

L’exposition "K-beauty : Beauté coréenne, histoire d’un phénomène", au musée Guimet dédie, jusqu’au 6 juillet prochain.
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