ARTS

La redécouverte des "formes ouvertes" d’Olle Bærtling

Publié le

25 février 2026

Jusqu’au 19 juillet prochain, l’Institut Suédois consacre une exposition au peintre et sculpteur suédois Olle Bærtling. Figure majeure de l’abstraction radicale du XXe siècle, l’artiste est mis en dialogue avec des artistes contemporains, ce qui poursuit l’exploration de la modernité nordique par l’institution. Marjolaine Lévy, curatrice invitée, co-curate cette exposition avec Marion Alluchon de l’Institut Suédois. Cette exposition permet d’interroger, à la lumière des pratiques contemporaines, l’actualité du concept central chez Bærtling, celui de la "forme ouverte" : qu’est devenue l’utopie portée par ses œuvres ?

Olle Bærtling ©Lennart Olson

Des formes qui tendent vers l’infini…

Au milieu des années 1930, Bærtling quitte son emploi de banquier pour se consacrer à la peinture en autodidacte. D’abord inspiré par les œuvres d’Henri Matisse et par l’expressionnisme nordique, il opère un tournant décisif après sa rencontre avec Auguste Herbin en 1950. "C’est en voyant la peinture abstraite d’Herbin que la réunion va basculer dans l’abstraction", explique Marion Alluchon.

"Formes ouvertes" ©Voyez-Vous /Vinciane Lebrun

Il développe alors une peinture dite spatialiste, que l’exposition met particulièrement en lumière. Bærtling cherche à impliquer l’espace environnant avec "un jeu presque électrique" de couleurs. Ses œuvres habillent l’espace et lui donnent une autre dimension, nous projetant pleinement dans son univers. Chaque angle ou fragment de la réalité semble contaminé par l’abstraction. Le fameux "bleu de Bærtling", comme le souligne Marion Alluchon, devient rapidement une signature. Cette couleur dialogue avec le violet, le vert ou le rouge. A l’Institut Suédois, la lumière naturelle amplifie ces tensions chromatiques : les ombres se déplacent, les formes vibrent. L’abstraction de Bærtling se distingue par la dominance des figures triangulaires et des diagonales qui semblent se prolonger au-delà du cadre.

Olle Bærtling ©Lennart Olson

Un dialogue contemporain pour recontextualiser la forme ouverte

Tout au long du parcours, un dialogue s’installe entre Bærtling et les 7 artistes contemporains invités. "On voulait voir comment est-ce que cette notion de forme ouverte pouvait exister aujourd’hui chez les artistes contemporains", indique Marion Alluchon. Jacob Dahlgren propose, par son abstraction géométrique, un prolongement direct de cette idée. L’artiste a conçu des œuvres spécialement pour l’exposition. L’une d’elles,"The Wonderful World of Action", est faite de 12 500 mètres de rubans colorés que le visiteur peut traverser au milieu du jardin extérieur.

Courtesy of the artist and Rodolphe Janssen ©Paul Salveson

L’abstraction devient une expérience physique. De son côté, Cécile Bart joue avec le textile, la transparence et le monochrome à travers ses "peintures/écrans". La lumière devient un allié central qui révèle différentes facettes d’une même œuvre. Pour pousser encore plus loin la théorie des formes ouvertes et créer une véritable intégration avec l’espace, Ulla von Brandenburg interroge nos structures sociales. D’autres artistes comme Rodolphe Janssen, Bella Rune, Bernd Ribbeck, Brooklin A. Soumahoro et Rana Begum proposent chacun une vision singulière de la forme, imprégnée d’héritages artistiques, architecturaux ou culturels.

Olle Bærtling ©Lennart Olson

L’Institut Suédois tente, par cette exposition, de mettre en perspective, de questionner et de prolonger la théorie de la "forme ouverte" à travers le regard des artistes contemporains.

"Formes ouvertes", jusqu'au 19 juillet prochain, à l’Institut suédois, Paris IIIe

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