FASHION WEEK
Pour sa deuxième collection chez Jil Sander, Simone Bellotti délaisse la notion de maison-institution pour celle, plus intime, du foyer. Un espace chargé d'affects, de contradictions, de refuge et de fuite — tout comme les vêtements qu'il propose. La collection s'articule autour du mouvement et du flux : des épaules qui s'élèvent, des cols qui glissent dans le dos, des poches qui semblent vouloir s'échapper, des fentes vertigineuses dans le dos des manteaux et des vestes. Le superflu devient essentiel, l'excès de tissu répond à l'épure, dans une logique de contradiction assumée. Les tissus d'ameublement — clin d'œil au père tapissier de Bellotti — sont fluidifiés ou sculptés en formes sablier, tandis que des robes nuageuses allient douceur et structure. Dans une palette de neutres passés, de noirs, de bleus et de gris, la silhouette oscille entre tailleur rationnel boutonné haut et drapés sculptés. Le dialogue entre le corps et le vêtement est au cœur du propos : le vêtement a sa propre agentivité, comme s'il cherchait à s'émanciper de celui qui le porte. Les accessoires prolongent cette dualité — talons exagérés contre ballerines unisexes, nouveaux sacs à la géométrie affirmée évoquant des formes corporelles — tandis qu'une collaboration à venir avec Oliver Peoples se dessine en filigrane.

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