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Qui a dit que le café se résumait à un simple espresso avalé à la volée ? À l’occasion de ses 15 ans, Coutume Café, pionnier du café de spécialité en France, lance de nouveaux ateliers de cupping et de dégustation dans ses coffee shops parisiens. L’objectif : apprendre à déguster le café autrement, comme un produit de terroir à part entière, à travers des méthodes douces et des cafés d’exception.

Longtemps considéré comme un simple carburant matinal, le café change aujourd’hui de statut. Dans les coffee shops de spécialité, il se déguste désormais comme un grand vin. Origine des grains, altitude, variété, fermentation, torréfaction, température… Chaque détail compte. Chez Coutume, cette approche artisanale défend une idée simple : révéler le terroir derrière chaque tasse. Une façon de redécouvrir le café autrement : plus lentement, plus consciemment, et surtout avec tous les sens.
Fondée en 2010 par Tom Clark et Antoine Netien, la maison parisienne a largement contribué à faire émerger la culture du café de spécialité en France. Quinze ans plus tard, alors que les consommateurs s’intéressent davantage à la traçabilité et aux méthodes d’extraction, la marque pousse l’expérience encore plus loin avec ses ateliers de dégustation organisés en petit comité. Dans le flagship, situé au 47 rue de Babylone (Paris VIIe), toujours animé et fréquenté par les amateurs comme les curieux, le café devient un véritable terrain d’exploration sensorielle.

Ici, pas question de boire son café machinalement. Les participants apprennent d’abord à observer, sentir puis goûter. La température joue un rôle essentiel : un café trop chaud masque les arômes. Il faut donc le laisser reposer, “dégazer”, attendre qu’il refroidisse légèrement pour révéler toute sa complexité. Les méthodes douces comme le V60 ou la Chemex sont privilégiées. Le filtre permet une extraction plus précise et met en lumière la finesse aromatique des cafés. L’eau, elle aussi, devient un ingrédient central : filtrée, chauffée à exactement 87 degrés, elle évite de brûler le café et respecte ses nuances gustatives. “Le café c’est comme le thé. Plus on laisse infuser, plus l’amertume apparaît”, explique le barista lors des ateliers. Ici, tout est affaire d’équilibre et de précision.
Pendant les dégustations, plusieurs origines sont proposées, notamment des cafés colombiens et le café kenyan, réputé pour son acidité vive et fruitée. Une manière de comprendre comment le terroir influence directement le goût. Du café le plus au moins fermenté, les participants découvrent différentes signatures aromatiques : notes florales, fruits rouges, touches chocolatées ou encore finale plus vineuse. Chaque café raconte une histoire, celle d’un climat, d’un sol, mais aussi du travail des producteurs.

Les grains dégustés sont torréfiés à Romainville, où Coutume affine chaque profil aromatique avec précision. Là encore, l’idée est de sublimer le café sans le dénaturer. Cette attention portée à la torréfaction s’inscrit dans une vision presque “haute couture” du café. Certains amateurs parlent même du “caviar du café” pour évoquer ces grands crus rares et délicats. Et pour les plus nostalgiques, les dégustations font également revivre les gestes d’autrefois grâce à une machine à café Chemex comme dans les années 1950 mettant à l’honneur un savoir-faire plus traditionnel.